Mazaher : une expression du féminisme dans la musique traditionnelle

mazaher

Par Erin –

« C’est un endroit au Caire. Il s’appelle « Makan », et effectivement, ça veut dire « un endroit ». Chaque semaine, ce centre culturel présente des concerts de groupes qui jouent de la musique Sufi, la tradition mystique en Islam. J’y suis allée plusieurs fois pour assister à des concerts de la troupe Mazaher – le mot en arabe pour un tambour.

Le zaar – leur style musical – est souvent compris comme un exorcisme, mais c’est plutôt une performance musicale pour harmoniser la vie spirituelle des participants. Une façon de purifier l’esprit, mais c’est aussi utilisé pour guérir des maladies. La tradition du zaar a des origines en Éthiopie. Mais, comme beaucoup de traditions originaires de la frontière entre l’Afrique du nord et les communautés du sud du désert saharien, il y a beaucoup de mixité. Ce groupe-ci trouve son influence dans le zaar Soudanais (au sud de l’Égypte) mais aussi dans la tradition de la famille elle-même. La musique semble plus africaine qu’arabe — les rythmes se distinguent clairement de la musique arabe ou égyptienne. Et franchement, les Égyptiens qui assistent au show sont aussi fascinés par le rituel que les étrangers, comme moi.

Ce groupe vient du sud, de la région appelée Haute-Égypte car elle est en amont du Nil. Il chante pour la plupart en Arabe, mais la musique elle-même souligne la distinction entre l’Égypte arabe, et la partie sud du pays, comme Aswan et Nubie, qui est bien distinct par la langue, la culture et les traditions

L’un des aspects les plus intéressants de la musique zaar, c’est que ce sont des femmes qui chantent, même s’il y a des hommes qui jouent dans le groupe. Le zaar est une façon pour les femmes de sortir des contraintes sociales, de porter ce qu’elles veulent, de chanter, de bouger. Ce sont elles qui règnent. Elles dansent aussi. Ce n’est pas une danse rigide ou fixe. Au début des chansons, le rythme est lent, calme. Puis, petit à petit, le tempo s’accélère. Les voix et les mouvements deviennent plus intenses. Dans les publications occidentales, cette danse est décrite comme une sorte de « trance ».

Cette musique avec son rituel, mis dans un contexte moderne, est une expression du féminisme dans les cultures patriarcales et aussi une expression de fierté de la culture africaine dans un pays arabe, ou le racisme existe contre les noirs et contre ceux qui s’identifient comme Africains plutôt qu’Arabes. »

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